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Comptabilité générale

XI. 41. Le cash flow (2) : analyse des flux de trésorerie (= réconciliation entre l'évolution du cash et les grandes mesures comptables)

 

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Considérons un exercice dans la vie d'une entreprise, avec le bilan initial, le compte de résultat de l'année et le bilan final :

Bilan année -1 Compte de résultat année Bilan année

bs is bs

Faisons les hypothèses suivantes :

  1. il n'y a pas eu de cession d'actif durant l'année (une cession d'actif est le contraire d'un investissement)
  2. le compte fournisseurs concerne seulement la fourniture de marchandises (c'est-à-dire, comme nous allons l'expliquer, qu'il peut être vu comme un "buffer" pour le paiement cash des achats)
  3. les investissements sont tous payés cash

Ces hypothèses ne sont pas fondamentales. Elles ont pour but de rendre plus simples les analyses et les calculs ci-dessous conduisant au document de cash flow. La lectrice ou le lecteur pourront ensuite les enlever.

 

 

L'objectif de l'analyse des flux de trésorerie (appelée en anglais, cash flow statement) est d'expliquer l'évolution du cash (caisse + banque), de 50 à 80, à l'aide des grandes mesures suivantes :

Vocabulaire : les flux de trésorerie s'appellent aussi les "cash flows". Et l'analyse des flux de trésorerie s'appelle aussi parfois le "document de cash flow".

Nous allons calculer la trésorerie (c'est-à-dire le cash) qui est arrivé dans l'entreprise et celle qui en est partie. Dans cette leçon nous englobons ensemble dans la trésorerie l'argent en caisse et l'argent en compte courant à la banque.

 

 

Bien sûr la trésorerie qui est arrivée dans l'entreprise n'est rien d'autre que les débits au cours de l'exercice inscrits dans les comptes caisse et banque.

Et la trésorerie qui est partie n'est rien d'autre que les crédits au cours de l'exercice dans les mêmes comptes.

Mais nous ne voulons pas retourner jusqu'au niveau de détail du journal et des comptes.

Vocabulaire : dans la suite nous continuerons à utiliser généralement le terme cash qui est plus court et un peu plus explicite que le terme trésorerie.

Il est possible de reconstituer les mouvements de cash à partir des grandes mesures synthétiques dans le bilan et le compte de résultat.

Cela nous donnera une vue utile des ressources et emplois de cash.

Dans la leçon précédente, nous avons rappelé que la valeur est un concept central de la comptabilité en partie double, mais ce qui fait qu'une entreprise prospère ou fait faillite est le cash. Et nous avons essayé d'expliquer à un niveau fondamental ce qu'est le cash.

Donc nous avons besoin d'avoir une vision claire d'où le cash provient (= ressources), et où il est allé (= emplois), et aussi d'être capable de prévoir ses mouvements au cours de l'exercice à venir (pour cela il faut utiliser aussi des données de la comptabilité analytique).

 

 

Le cash peut provenir de 4 sources :

 

 

Cash provenant des ventes

Ici il faut faire attention : toutes les ventes ne rapportent immédiatement du cash, car certaines peuvent être à crédit.

D'autre part du papier client de l'année dernière peut être devenu du cash.

Donc, en plus des ventes, nous devons prendre en compte la variation du solde du compte clients.

Une autre façon de comprendre cela est de penser au compte clients comme à une baignoire remplie avec une certaine quantité d'eau, plus de l'eau qui coule dans la baignoire, moins de l'eau qui s'écoule par la bonde.

sales

Si nous considérons que les ventes comptant sont en quelque sorte des ventes à crédit avec un crédit d'une durée de 0, alors toutes les ventes sont à crédit.

Les ventes remplissent la "baignoire", c.-à-d. le compte clients. Et la baignoire laisse partir le cash par sa bonde.

Donc le cash provenant des ventes est égal aux ventes moins l'accroissement du volume d'eau.

Exprimé plus mathématiquement nous avons

cash provenant des ventes = ventes - Δ clients

Avec les chiffres de l'exemple, cela donne cash provenant des ventes = 1000 - (270 - 200) = 930.

Une autre image pour le compte clients est celle d'un buffer. Il agit de la même manière que le buffer dans lequel le logiciel de visionnage video enregistre à l'avance une partie du film que nous regardons, afin que nous puissions le visionner confortablement même si le débit entrant du flux vidéo est irrégulier.

 

Les autres sources de cash, dans notre exemple, n'ont pas produit de cash : au cours de l'exercice il n'y a eu aucune cession d'actifs, aucune injection de capital, et aucun nouvel emprunt.

 

 

Tournons-nous à présent vers les sorties de cash :

bs is bs

Les causes de sorties de cash (c'est-à-dire d'écritures de crédit dans les comptes de caisse ou de banque) sont aussi au nombre de quatre :

 

 

Sortie de cash pour les achats

De la même manière que nous avons corrigé les ventes afin d'obtenir le cash provenant des ventes, nous corrigeons les achats pour obtenir la sortie de cash pour les achats

purchases

La formule est

sortie de cash pour les achats = achats - Δ fournisseurs

 

(rappelez-vous que pour simplifier l'analyse, nous avons fait l'hypothèse que le compte fournisseurs est le buffer seulement du compte d'achats)

Avec les chiffres de l'exemple, cela donne sortie de cash pour les achats = 500 - 20 = 480.

 

 

Sortie de cash pour les charges opérationnelles

Cette dépense est simple : nous comptons toutes les charges opérationnelles "cash" (puisque, par hypothèse, nous n'en payons aucune à crédit) et, bien sûr, nous n'avons pas à nous soucier des amortissements qui sont une charge opérationnelle "non cash". Le cash des investissements a été payé à un autre moment, ou peut-être pas encore payé, mais de toute façon ce n'est pas dans ce poste-ci qu'il est pris en compte.

salaires et charges= 150
loyer = 50
autres charges opérationnelles cash = 50

Donc la sortie de cash pour les charges opérationnelles est 250.

(Rappelez-vous que tous ces chiffres étaient simplement des crédits dans les comptes de caisse ou de banque.)

 

 

Sortie de cash pour les intérêts financiers, les impôts et les dividendes

Ici nous prenons en compte l'action de buffer du compte de passif autres créanciers. La variation du solde autres créanciers est 90 - 50 = 40.

Donc la sortie de cash pour les intérêts financiers, les impôts et les dividendes est 10 + 20 + 30 - 40 = 20.

 

 

Finalement il y a eu des sorties de cash pour les investissements.

Il y a eu des investisssements à long terme au cours de l'exercice car les bâtiments sont passés de 100 à 125, les machines de 100 à 150, et les équipements de transport de 50 à 75.

Donc Δ immos brutes = 100.

(Rappelez-vous que nous faisons l'hypothèse qu'il n'y a pas eu de ventes d'actifs, et que tous les investissements ont été payés cash. Sinon nous devrions introduire d'autres mécanismes de buffer similaires aux deux déjà employés.)

Et il y a eu des investissements à CT dans des sicav de trésorerie pour "parquer de l'argent". Le poste est passé de 70 à 120.

La sortie de cash pour les investissements est donc de 100 + 50 = 150.

 

 

Récapitulatif des sorties de cash

total = 900.

 

 

Tous les chiffres pour le document de cash sont prêts.

Voici une présentation habituelle :

cash flow statement

Total entrées de cash = 930
Total sorties de cash = 900

Donc Δ caisse + banque = +30

Et c'est effectivement l'évolution du solde du poste caisse + banque, qui est passé de 50 à 80.

 

Le document de cash flow est le troisième document important des documents de fin d'année, après le compte de résultat et le bilan.

Il existe diverses manières d'analyser le cash flow et de préparer le document de cash flow. Nous avons présenté l'une d'entre elles. Elles sont toutes équivalentes, mais comme elles sont aussi toutes un peu compliquées, il n'est pas toujours immédiat de voir leur équivalence.

Sur le site web yahoo finance, la page de chaque entreprise cotée en Bourse présente dans sa section financière les trois documents de fin d'année :

financials

le document de cash flow y est appelé "flux de trésorerie".

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