facebook   twitter   mail

Comptabilité générale

VI. 24. De la balance finale au compte de résultat

Video

Texte

 

 

Nous travaillons avec la balance depuis sept leçons, donc elle commence à nous être familière.

La voici présentée de la manière habituelle avec les comptes ordinaires en premier (sans ordre particulier autre qu'alphabétique), puis les régularisations.

trial balance

La lectrice ou le lecteur attentif notera quelques petites différences avec la balance finale de la leçon précédente.

Au lieu de créditer directement le compte de Sarah de la provision pour créance douteuse, nous l'avons passée au crédit dans un compte "Provisions pour cllients douteux B".

Les totaux se sont accrus de 250 € de part et d'autre à cause de cette façon différente de présenter la provision pour clients douteux.

Nous avons aussi modifié les intitulés des comptes pour nous rapprocher de la terminologie officielle :

En dehors de ces transformations cosmétiques, c'est la même balance que nous avons atteinte à la fin des leçons sur les régularisations.

 

 

Nous avons vu cinq types de régularisation :

  1. Régularisation pour les stocks. Il y a deux comptes dans lesquels on fait les écritures en partie double : "Stock final CR" et "Stock final B" recevant respectivement une partie et l'autre partie. Et comme nous sommes dans le premier exercice, nous avons ajouté un compte "Stock initial CR" avec un débit de 0, car dans les exercices suivants la balance contiendra toujours un compte "Stock initial" en général non vide.

  2. Amortissements. Deux comptes : "Amortissements CR" enregistrant la perte de valeur des actifs, bien qu'à la date de l'enregistrement aucun argent, promesse ou valeur ne soit échangé avec le reste du monde (un échange a eu lieu dans le passé), et "Amortissements B" pour l'autre partie de l'écriture en partie double.

  3. Provisions pour clients douteux. Deux comptes : "Provisions pour clients douteux CR" enregistrant la perte de valeur (effective ou probable) d'une promesse que nous détenons, et "Provisions pour clients douteux B" pour la contrepartie. (Nous l'avons parfois passée directement dans le compte clients, parfois dans ce compte de provisions B.)

  4. Charges constatées d'avance. Nous ne voyons que la partie débit dans le compte de charges constatées d'avance ; le crédit a été passé directement dans le compte de dépenses diverses.

  5. Charges à payer (dont les factures ne sont pas parvenues). Là aussi nous ne voyons qu'une partie, la partie crédit dans le compte de charges à payer, le débit a été passé directement dans le compte des dépenses diverses.

Si vous n'êtes pas encore tout à fait à l'aise avec ces régularisations revisez-les dans le chapitre précédent en faisant bien tous les exercices.

 

 

La logique du compte de résultat est de présenter sur une seule page :

Ce document montre clairement les opérations et leur résultat pour l'exercice, même si, comme les typographes qui savaient lire un livre à l'envers directement sur les plaques, les comptables professionnels peuvent évaluer la performance de l'entreprise au cours de l'exercice à la simple lecture de sa balance.

 

 

Point important : les nombres (ventes, coûts, profit ou perte) dans le compte de résultat ne mesurent pas nécessairement des mouvements de cash.

C'est l'un des aspects fondamentaux de la comptabilité en partie double inventée il y a huit siècles : la comptabilité en partie double est une comptabilité de valeur, pas seulement une comptabilité de cash comme celle en partie simple.

Nous voulons dire par là que les ventes mesurées dans le compte de résultat ne correspondent pas nécessairement à une entrée d'argent (= espèces ou argent en banque) dans l'entreprise. Les ventes à crédit sont incluses dans le compte de résultat de l'exercice.

Le même commentaire s'applique aux charges : nous listons dans le compte de résultat toutes celles qui correspondent aux ventes, que nous les ayons effectivement réglées en espèce ou par chèque ou seulement avec une promesse. (Et on a vu qu'on doit rajouter aussi celles dont les factures ne nous sont pas parvenues, mais qui appartiennent à l'exercice.)

Par conséquent, le profit ou la perte de l'exercice ne correspond pas à la variation d'argent que l'entreprise a en caisse + banque. On peut tout à fait faire du profit durant l'exercice et avoir moins d'argent à la fin qu'au début (même sans autres dépenses comme des investissements, remboursements d'emprunt, etc.). Et inversement, on peut faire une perte mais accroître notre argent en caisse + banque. Nous verrons cela dans la leçon 41 sur le cash flow.

 

Les personnes gérant une pizzeria à côté de nos bureaux ont tendance à confondre argent dans la caisse à la fin de la journée, et bénéfice de la journée. De temps en temps, elles prennent le soir ce qu'il y a dans la caisse pour aller le jouer au casino. Et elles sont perpétuellement au bord de la cessation de paiement, bien que leur affaire soit une machine à sous.

Le paragraphe précédent a été écrit en 2010. Depuis la pizzeria a déposé le bilan. Un administrateur judiciaire a été nommé. L'affaire a été liquidée – vendue pour le quart de sa valeur à des repreneurs (plus un dessous de table, mais pas aux propriétaires initiaux) – puis revendue encore.

Morale de cette histoire : il ne faut pas confondre valeur et cash.

 

 

Pour préparer le compte de résultat, nous cochons tous les comptes de produits et de charges dans la balance finale :

marking off revenue accounts

et nous allons les "extraire" pour les présenter dans un nouveau document qui a lui aussi la forme d'un compte.

Puis nous allons le "solder", c'est-à-dire lui ajouter un solde en bas (et un complément juste avant afin que ce soit une écriture équilibrée).

Nous obtenons le compte de résultat, dont la forme habituelle est présentée ci-dessous.

 

 

Le compte de résultat :

income statement

La partie supérieure, jusqu'à la marge brute, s'appelle en anglais le "trading account". Il calcule la marge brute en soustrayant le CAMV des ventes.

Ce CAMV est lui-même calculé à partir du stock initial, du solde des achats, et du stock final par la formule :

CAMV = Achats - [Stock final - Stock initial]

Dans l'exemple, cela donne 6400 - [3600 - 0] = 2800 €.

D'où la marge brute est 7000 - 2800 = 4200 €.

Sous la marge brute viennent les "charges opérationnelles" :

Dans cet exemple, nous observons une perte pour l'exercice de 1970 €, puisque les charges opérationnelles se montent à 6170 €, et sont supérieures à la marge brute qui est de 4200 €.

 

 

L'étape suivante est la préparation du bilan.

On commence par remplacer dans la balance finale tous les comptes de charges et de produits par une seule ligne : le solde du compte de résultat.

Pour des raisons arithmétiques évidentes, cela ne déséquilibre pas la balance.

Et regardez bien : c'est le bilan !

trian balance

 

Il faut juste réarranger la présentation pour obtenir le bilan dans sa forme traditionnelle, avec d'un côté l' "actif" et de l'autre le "passif", et les comptes dans l'ordre habituel (en général du moins liquide en haut vers le plus liquide en bas – nous verrons plus précisément ce que cela veut dire dans la leçon 38).

C'est le sujet de la prochaine leçon.

Table des matières

Contact