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Comptabilité générale

V. 22. Régularisations : provisions pour clients douteux

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Texte

 

 

Après les régularisations pour les stocks et les amortissements, nous avons atteint la balance suivante :

trial balance

Les "biens destinés à être vendus" s'appellent aussi les "marchandises".

 

 

Nous pouvons lire dans la balance que Sarah nous doit 500 €.

trial balance

La question que nous nous posons est : que faire dans notre comptabilité si nous pensons que Sarah, compte tenu des difficultés que connaît son entreprise, ne nous paiera vraisemblablement pas ?

 

 

Si nous sommes sûrs que Sarah ne nous paiera pas – par exemple, car son entreprise a déposé le bilan et nous pensons que dans la procédure de liquidation il n'y aura pas d'argent pour nous rembourser –, alors nous devons passer la créance que nous détenons sur elle "par pertes et profits". On dit en anglais faire un "write-off", et le terme s'utilise parfois aussi en français.

C'est traité comme une transaction :

bad client

La valeur du papier client que nous a donné Sarah, en d'autres termes la créance que nous détenons sur elle, est ramenée à zéro (flèche du bas sur la figure).

D'une certaine manière c'est une "consommation" ; en tout cas c'est une charge de l'exercice (flèche du haut sur la figure).

 

 

La technique des écritures est la suivante :

nous créditons le compte débiteur (= compte client) concerné (ici le compte de Sarah) d'un montant de 500 € pour créance douteuse.

debtor's accournt

et nous débitons un nouveau compte créé pour ce type de régularisation, "provisions pour clients douteux", qui porte le suffixe CR.

Note : les suffixes CR et B que nous utilisons dans ce cours sont à but pédagogique, mais ne sont pas standard. Le plan comptable général par exemple ne les utilise pas, mais utilise des intitulés plus ou moins explicites (comptes n°68...).

provision

 

 

La nouvelle balance est

trial balance

 

 

Au lieu de créditer directement le compte de Sarah, nous aurions pu aussi créditer un nouveau compte de bilan qui se serait appelé "Provisions pour clients douteux B". C'est une méthode alternative.

Elle est même plus standard, puisque – comme on le sait – la comptabilité est un ensemble de méthodes pour enregistrer des informations utiles, puis les présenter de manière synthétique, à l'intention des gestionnaires. En règle générale elle n'efface rien.

Le passage par pertes et profits de la créance sur Sarah est un incident dont nous voulons garder une trace.

 

 

Dans tous les cas, le compte de résultat devient le suivant :

income statement

 

 

Si nous pensons qu'il reste une probabilité que Sarah nous paie, nous pouvons passer une provision partielle, par exemple de 50%.

Dans ce cas l'enregistrement devient

provision

provision

Et si Sarah un jour nous paie on passera ce que l'on appelle une "reprise de provision", dont nous laissons à la lectrice ou au lecteur le soin de se figurer le mécanisme – à travers une transaction en quelque sorte inverse de celle qu'on a faite ci-dessus.

 

 

Un autre exemple de provisions : l'entreprise française d'approvisionnement en combustible et de construction de centrales nucléaires Areva.

Elle a acquis dans les années deux mille des mines d'uranium à un prix qui s'est rapidement révélé très surévalué, mais elle n'a pas passé les provisions pour dépréciation d'actifs quand il l'aurait fallu.

Elle ne s'est donc pas conformée au principe comptable selon lequel "les comptes établis par l'entreprise doivent être réguliers et sincères et donner une image fidèle du résultat des opérations de l'exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de l'entité à la fin de cet exercice".

Pour cette raison sa dirigeante de l'époque fait l'objet de procédures judiciaires et a été mise en examen en mai 2016.

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