NOTE GÉNÉALOGIQUE
SUR LA FAMILLE
CABANNES
1. Cette note présente le résultat de brèves recherches sur les ancêtres Cabannes de Jean Cabannes (physicien français, 1885-1959), menées en octobre 1989 par André Cabannes à Bernadets-Debat, près de Tarbes, dans les registres du XVIIIe siècle conservés à la mairie.
2. En remontant sur six générations, les ancêtres de Jean Cabannes étaient :
3. À Bernadets-Debat, petit village situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tarbes, la présence de notre famille, qui avait duré à peu près deux siècles, a pris fin. Le premier à s'y installer, vers 1750, fut François Cabannes, originaire de Miélan. La dernière personne à y porter le nom de Cabannes est morte cette année, en avril, à l'âge de 95 ans : Marie Cabannes, née Bernichan, veuve de Faustin Cabannes (11 décembre 1889, 19 avril 1951), lui-même descendant de Jean Cabannes le laboureur.
4. Au début du XVIIIe siècle, les Cabannes de Miélan étaient des notables de la ville, hommes de loi et marchands. Le cadastre de 1711 les mentionne comme propriétaires de plusieurs maisons sur la place principale de Miélan et d'autres biens dans les environs. En revanche, ils ne figurent pas dans le cadastre de 1650, ce qui signifie soit qu'ils venaient d'ailleurs, soit que leur ascension sociale à Miélan est postérieure à 1650.
5. Jean Cabannes, greffier du bailliage d'Antin, épousa le 15 février 1718 Catherine Vignes, de la paroisse de Gouts. Ils eurent onze enfants, enregistrés dans les registres paroissiaux de Miélan :
6. D'abord praticien, maître Raymond Cabannes acheta en 1751 à maître Sentous ses deux offices de procureur et de notaire, dont il resta titulaire jusqu'à sa mort en 1784. Son fils, Jean-Bernard Cabannes, notable légitimiste, fut maire de Miélan sous la Restauration. Un autre fils de Jean le greffier, prénommé Jean, était laboureur à Lagarde.
7. La famille Cabannes de Miélan était voisine, et probablement amie, de Lannelongue de Miélan, qui avaient beaucoup de cousins à Bernadets-Debat (à une huitaine de kilomètres au sud de Miélan).
8. François Cabannes était un fils puîné, qui ne reçut pas l'éducation de son frère aîné. Il apparaît pour la première fois dans les registres de Bernadets en 1754, comme parrain d'un enfant dont la marraine est Bertrande Maumus, veuve de Dominique Lannelongue (13 août 1703, 8 octobre 1747).
9. Deux ans plus tard, il épousa Marie Lannelongue, fille de Bertrande Maumus et de Dominique Lannelongue. Le curé de Bernadets enregistra ainsi le mariage :
L'an mille sept cent cinquante six et le dix septième jour du mois de février par nous publiés les bans du futur mariage pendant trois dimanches consécutifs au ... , savoir le premier dimanche le 18e jour du mois de janvier ..., le second dimanche le 25e jour du mois de janvier, et le troisième dimanche premier jour du mois de février entre François Cabanos laboureur âgé d'environ vingt cinq ans fils légitime à fû Jean Cabanos greffier et Catherine Vignes ses père et mère de la paroisse de Miélan d'une part, et Marie Lanelongue âgée d'environ quatorze ans fille à fû Dominique Lanelongue chirurgien et Bertrande Maumus ses père et mère de cette paroisse de Bernadets et semblable publication ayant été faitte par ... il appert par bon certificat du seizième du mois de février demeuré entre nos soins ... aucun empêchement soussigné du consentement de la Catherine Vignes ou Bertrande Maumus ... certifié par ... notaire de Miélan en date du dix septième jour du mois de janvier dont le registre est chargé leur ay donné la bénédiction nuptiale en présence de Simon Fontan, Bernard Mailhe, Jean Sorbet et autre Jean Sorbet ... du lieu de Bernadets qui avec les contractants n'ont scu signer ... en foy de quoy ...
10. Bertrande Maumus venait de la paroisse d'Antin. Dominique Lannelongue était de Bernadets : il était le fils de Jean Lannelongue et de Marie Vidou, mariés le 2 mars 1699 à Bernadets par le curé, qui s'appelait lui aussi Lannelongue.
11. Jean Lannelongue et Marie Vidou eurent au moins neuf enfants :
12. Dominique Lannelongue et Bertrande Maumus se marièrent le 22 février 1740, en même temps qu'un frère de Dominique, Bertrand, et qu'une sœur, Jeanne. Marie Lannelongue (4 juillet 1742, 12 août 1811) était la fille de Dominique et de Bertrande ; ses parrain et marraine étaient ses grands-parents Lannelongue.
13. Une épidémie frappa la région en 1747. Dominique Lannelongue et deux de ses frères furent du nombre des victimes. Dominique avait été garçon barbier ; après sa mort, dans les divers actes où sa veuve est mentionnée, il devint barbier-chirurgien, puis chirurgien.
14. François Cabannes épousa Marie Lannelongue en 1756, alors qu'elle n'avait que quatorze ans. Ils attendirent six ans leur premier enfant, puis en eurent huit en tout :
15. Paul retourna vivre près de Miélan, à Gouts, où il eut une descendance nombreuse. Un de ses descendants, René Cabannes, agriculteur, né en 1930, y habite toujours.
16. Jean Cabannes et Cécile Montégut eurent neuf enfants :
17. Jean Cabannes le laboureur se rendait de temps en temps au marché de la place du Marcadieu, à Tarbes, et y emmenait ses fils. Joseph, étant l'aîné, hérita de la ferme de Bernadets. Jean, lui, décida de s'établir boulanger place du Marcadieu ou à proximité.
18. Parmi les fils de Jean le laboureur, seuls Joseph et Jean ont eu une descendance restée liée à Bernadets-Debat. Joseph épousa d'abord, le 11 novembre 1822, Marie Danos (1796, 30 décembre 1857), dont il eut quatre enfants :

Joseph Cabannes (1826-1905) est allé à San Francisco avec son frère Jean (1823-1865). Tous deux y furent d'abord commis bouchers chez un certain M. Dupuy. Quand j'étais enfant, ma grand-mère Marie Fabry Cabannes disait que « Jean était marchand de bœufs à San Francisco ». Je ne me souviens pas qu'elle ait mentionné qu'il y était allé avec son frère Joseph.
Il est vraisemblable que Jean et Joseph ont réussi en Californie et sont devenus prospères.
À la mort de Jean à San Francisco, en 1865, Joseph s'est occupé des démarches administratives et de son inhumation sur place. Puis il est rentré en France, à une date comprise entre 1865 et 1873, jouissant apparemment d'une situation économique et sociale confortable.
Comme on l'a vu, il a donc épousé, peu de temps ou quelques années après son retour, sa cousine germaine Maria, la grande sœur d'Antoine.
Ces éléments sur Jean et Joseph à San Francisco ont été ajoutés en décembre 2019, à la suite de découvertes généalogiques de Théophile Cabannes, étudiant à Berkeley, l'un des quatre fils d'André Cabannes et de Christine Blondel (née le 30/1/1958), avec Félix, Aimé-Paul et Vivien.
Ajouté en septembre 2023 : Jean (1823-1865) figure déjà dans l'annuaire de San Francisco de 1852 (mais pas dans celui de 1850). Dans l'annuaire de 1859 figurent les deux frères. Jean serait donc parti le premier, et Joseph l'aurait rejoint plus tard ?

Compte tenu des éléments dont on dispose,
il s'agit très probablement de Joseph,
le frère aîné d'Antoine. Il serait allé
en Amérique, comme ses cousins germains,
et on le verrait ici à Lima. Il serait ensuite
revenu en France et aurait acheté
l'immeuble du 2 rue de l'Orient.
19. Devenu veuf, Joseph, fils aîné de Jean le laboureur, épousa deux ans et demi plus tard, le 16 juin 1860, à l'âge de 64 ans, Marie Jeanne Duffréchou, âgée de 32 ans, de la ferme voisine de celle des Cabannes. Il eut d'elle deux fils : Jean-Pierre, né le 28 août 1860, et Léon (25.5.1863, 10.9.1865). Jean-Pierre épousa Jeanne-Léonie Gourgues le 27 avril 1887 et eut pour enfant Faustin Cabannes (11.12.1889, 17.4.1951), le dernier Cabannes de Bernadets-Debat. Un second fils de Jean-Pierre est probablement Paul J. Joseph Cabannes, né le 16.12.1892 et sans doute mort aussitôt.
20. À Tarbes, Jean Cabannes le boulanger épousa Jeanne-Marie Pédéguiraute (8.12.1812 à Tarbes, 19.4.1873), fille de Bernard Pédéguiraute, cabaretier, et de Marie Lestrade. Ils eurent trois enfants :
21. Joseph, fils aîné de Jean le boulanger, épousa Marie-Rose Lamon (1831-1912) et devint boulanger lui aussi. Le 8 juillet 1877, il acheta par folle enchère la maison du 2 rue de l'Orient (rebaptisée « avenue de la Marne » depuis la fin de la Première Guerre mondiale), qui relie la place du Marcadieu au pont sur l'Adour et à la route de l'est conduisant à Bernadets. En 1868 naquit leur fille Joséphine, qui vécut toute sa vie célibataire au 2 rue de l'Orient et mourut en 1932. Il a peut-être eu aussi une première fille, Marie (1864-1879), mal identifiée, qui est enterrée, selon la pierre tombale, dans le caveau Cabannes à Tarbes.
22. Marie-Bernarde, qu'on appelait Maria, épousa le 1er septembre 1873, à l'âge de 34 ans, son cousin germain Joseph, propriétaire à Bernadets, qui en avait 47 et revenait de Californie (il y avait d'abord été commis boucher avec son frère Jean, et tous deux y avaient sans doute bien réussi ; Joseph était rentré prospère). Joseph et Marie-Bernarde eurent trois enfants :
23. Anna Cabannes épousa un horloger de Miélan nommé Lagardère. Ils eurent deux enfants, Marie et Jean Lagardère, qui ne se marièrent ni l'un ni l'autre.
Supplément de photos anciennes sur les familles Mermet, Cabannes, Fabry et Moitessier
André Cabannes
né le 7 août 1953
petit-fils de Jean
Paris, octobre 1989