Jules Macé de Lépinay (1851-1904)

Physicien spécialiste d'optique. Agrégé de Physique en 1875. Dirigea un laboratoire à Marseille dans lequel travaillait Pérot, et où vint travailler aussi Fabry. Exemple d'appareillage fabriqué par Macé de Lépinay : analyseur de polarisation.

Jules Macé de Lépinay est un lien entre les familles Mermet, Cabannes et Fabry à Marseille, dans les années 1880-1900, bien avant le mariage de Jean Cabannes avec Marie Fabry, une nièce de Charles Fabry, en 1921. [Jean Cabannes et Marie Fabry sont les grands parents paternels du webmaster.]

En 1937, lors du Jubilé scientifique de Charles Fabry organisé à la Sorbonne, Jean Cabannes déclarait : "Il y a 34 ans [c'est-à-dire en 1903, quand Jean Cabannes avait 18 ans] j'entendais prononcer votre nom pour la première fois. Au cous d'une conversation, Macé de Lépinay, un vieil ami de ma famille, m'apprenait que je serais probablement examiné au baccalauréat par un tout jeune professeur [en fait âgé de 36 ans] déjà connu dans le monde savant par d'excellents travaux, et je sentais dans ces mots l'orgueil du Maître qui a orienté vos premières recherches."

Les parents de Jean Cabannes étaient Antoine Cabannes (né à Tarbes en 1844 -  décédé en 1912, sans doute à Nice où il finit sa carrière d'économe au Lycée Massena) et Marie Jourdan (1857-1946) issue d'une famille marseillaise. Ils se sont mariés en 1881 et Macé de Lépinay était un de leurs témoins de mariage, avec Bertrand-Ernest Delibes professeur à Marseille (né en 1826 ou 1825), agrégation d'histoire et géographie 1848 (Ernest Delibes devint un notable local).

Ernest Delibes était un collègue marseillais de Alexandre Christophe Mermet (1808-1876), le grand père maternel de Marie Jourdan. Alexandre Christophe Mermet a étudié à l'Ecole normale supérieure promotion 1828 S, obtenu l'agrégation de Physique en 1830, puis été professeur de Physique d'abord à Tournon, puis au lycée de Pau, et ensuite, la plus grande partie de sa carrière, au Lycée de Marseille. M. Delibes a prononcé l'oraison funèbre d'Alexandre Christophe Mermet, qui donne quelques détails biographiques.

La famille Fabry, dont est issue la femme de Jean Cabannes, connaissait bien les Mermet ainsi que Jules Macé de Lépinay à Marseille.

En 1896, Macé de Lépinay a accueilli Charles Fabry (1867-1944) dans son laboratoire à Marseille.

Et, en 1910, Charles Fabry a lui-même accueilli Jean Cabannes dans son laboratoire à Marseille.

Un cours de Trigonométrie à l'usage des élèves de mathématiques élémentaires, publié en 1886, par Charles Vacquant et Auguste Macé de Lépinay, frère de Jules (voir ci-dessous), est disponible, entièrement numérisé, ici.

 

Compléments aimablement communiqués par M. Stephane Macé de Lépinay :

Jules est le frère d'Auguste (1848 - 1917), et le fils d'Antonin (1812-1891). Il avait également 2 soeurs aînées.

Antonin Macé de Lépinay est un ancien de l'ENS (promo 1834 L), où il eut notamment Michelet comme professeur, dont il fut un fervent admirateur, puis un proche. Il fut professeur d'histoire à Faculté de Grenoble qui venait d'être créée. Il y exerça plus de 30 ans dont 20 comme doyen.

Auguste Macé de Lépinay est né à Paris. Il est sorti également de l'ENS (promo 1868 S), et sorti premier de l'agrégation de mathématiques. Il fut pendant plus de 30 ans professeur de Mathématiques Spéciales au Lycée Henri IV. Il écrivit un grand nombre de manuels de mathématiques à l'usage des classes de secondaires et des grandes écoles (notamment Saint-Cyr), soit seul, soit avec Charles Vacquant son beau père. Il était membre de la Société Mathématique de France.

Enfin quelques compléments sur Jules. Sorti de l'ENS (promo 1872 S). Il écrivit un grand nombre d'ouvrages sur la détermination des unités de mesures. Cela lui valu d'être membre du Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres. Il fut élu membre de l'Académie de Marseille au fauteuil du marquis de Saporta.

C'était également un alpiniste, président honoraire de la section Provence du Club Alpin Français. Il épousa mademoiselle Jeanne Delibes, fille d'un professeur d'histoire de la faculté de Marseille (probablement celui que vous citez dans votre article). Ils n'ont pas eu d'enfant.

 

Des informations sur le milieu de l'enseignement et de la recherche en Physique à Marseille entre 1850 et 1900, qui permettraient de continuer à étoffer cette note, sont bienvenues le webmaster.